Quand l’amour prend le dessus

Quand l’amour prend le dessus

Avoir deux enfants rapprochés, c’est une aventure pleine d’amour, de fatigue et de douceur. Mon fils a deux ans et ma fille seulement trois mois. Deux âges, deux besoins, deux univers complètement différents. L’un veut jouer, courir, qu’on s’assoie avec lui pour construire une tour, qu’on lise des histoires, qu’on le fasse rire. L’autre a besoin de mes bras, de mes regards, de ma chaleur, de ma voix qui la rassure.

Il y a des jours où je me sens partagée entre eux. J’aimerais pouvoir être partout à la fois, répondre à chacun comme il le mérite, mais ce n’est pas possible. Alors je fais au mieux. J’essaye de trouver l’équilibre, de consoler l’un pendant que je berce l’autre, de partager mon temps et mon énergie. Ce n’est pas toujours facile. C’est souvent épuisant, parfois même décourageant. Mais malgré tout, il y a ces moments qui te tombent dessus sans prévenir, ces instants si simples qu’ils te rappellent pourquoi tu continues, pourquoi tu tiens.

Ce matin, par exemple, j’ai eu droit à un de ces moments-là. Ma fille était dans son transat et mon fils s’est approché d’elle. Il a caché son visage derrière ses petites mains, puis il a lancé son fameux “peekaboo, I see you !”. Elle a éclaté de rire. Ses petits bras s’agitaient, ses yeux brillaient, et lui riait aussi, fier comme tout d’avoir réussi à la faire sourire. Moi, je les regardais. Je sentais encore ma fatigue du matin, mais en voyant ça, elle s’est envolée. Parce que ce genre de moment te remplit d’une énergie douce, une de celles qui te rappellent à quel point tu as de la chance de vivre ça. Ces rires-là, cette lumière entre eux, valent tout le reste.

Dans ces instants, il n’y a plus les pleurs, plus les frustrations, plus les bras toujours réclamés. Il n’y a que deux enfants qui apprennent à se reconnaître, à se chercher, à s’aimer déjà. Je les regarde grandir ensemble, se découvrir, tisser ce lien que je ne peux pas créer pour eux, mais que je peux accompagner, encourager et protéger.

Je sais qu’avec le temps, la maison deviendra encore plus bruyante. Il y aura des jouets partout, des disputes, des rires, des portes qui claquent, des câlins, des “maman, il m’a pris mon jouet !” et juste après, des éclats de complicité comme si rien ne s’était passé. Ce sera bruyant, désordonné, parfois fatiguant. Mais ce sera un beau chaos. Un chaos plein de vie, de rires et d’amour.

Je me dis souvent que c’est le plus beau cadeau que j’ai pu leur faire : grandir côte à côte. Avoir quelqu’un pour rire, pour partager, pour apprendre, pour se chamailler. Une présence qui restera là, peu importe les années, peu importe les chemins qu’ils prendront. C’est aussi un cadeau pour moi. Même quand la journée a été longue, quand je me sens dépassée, il suffit d’un regard entre eux pour que tout reprenne sens.

La maternité, ce n’est pas un équilibre parfait, ni un chemin bien droit. C’est une aventure pleine de contrastes. Il y a la fatigue, les cernes, les doutes, mais aussi les sourires, la tendresse, la fierté. C’est un mélange d’amour immense et d’épuisement, de chaos et de beauté. C’est imparfait, mais c’est vrai. C’est justement ce qui la rend si belle.

Franchement, qu’y a-t-il de plus précieux que de voir ses enfants rire ensemble, se chercher, se découvrir, et s’aimer simplement ?

One response to “Quand l’amour prend le dessus”

  1. Avatar de Céline Poulin

    Chère Ravaka,
    Je pense que la fratrie est le plus beau cadeau qu’on puisse donner à un enfant. Il apprend l’empathie, le partage, la conivence. Pas toujours un jardin de roses, j’en conviens, mais l’aventure est la plus gratifiante❣️

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Moi, c’est Ravaka

Maman au foyer, originaire de Madagascar, et installée au Canada. Mariée et mère de deux enfants. Passionnée d’écriture, je partage ici des réflexions sur la maternité, le quotidien et la vie de famille.

Ce blog est un espace sincère et humain, où  les mots servent à comprendre, à ressentir et parfois à apaiser.

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